Le 13ème baromètre sur la perception des discriminations dans l’emploi (Défenseur des droits et OIT) est sorti. Réalisé par une enquête au téléphone auprès des agents de la fonction publique et des salariés du secteur privés en 2020, il synthétise les tendances actuelles du phénomène discriminatoire dans l’emploi.

Près d’un quart des personnes actives déclarent avoir vécu une discrimination ou un harcèlement discriminatoire au travail
Les critères les plus souvent évoqués sont l’apparence physique (40%), le sexe (40%) et l’état de santé (30%). Proportionnellement, le fait d’être en situation de handicap, d’être homosexuel.le ou bisexuel.le multiplie par trois le risque d’être victime de discrimination par rapport à un individu blanc, hétérosexuel et en bonne santé.

Le nombre de personnes actives ayant déclaré avoir été témoins de discriminations a significativement augmenté depuis 2012 (de 34% à 42%). Ces situations observées concernent principalement les critères de l’apparence physique, du sexe et de l’origine.

Une hausse des signalements en interne
En 2020, les victimes sont deux fois plus nombreuses à entamer des démarches à la suite d’une discrimination par rapport à 2012. En effet, 76% de la population active ayant été confrontée à une discrimination déclarent avoir entrepris des démarches à la suite des faits (échanges avec la direction, alerte des représentant.es du personnel ou des syndicats, contact avec l’inspection du travail…). Cependant, seulement 14% des enquêté.es ont engagées une procédure contentieuse.

Des répercussions délétères et durables sur les parcours de vie
Les attitudes hostiles se cumulent dans le cadre du travail : dévalorisation au travail (pour 80% de la population active), propos ou comportements stigmatisants, préjugés et stéréotypes, discriminations et harcèlements discriminatoires. Ces situations vécues impactent négativement la situation d’emploi et provoquent des séquelles émotionnelles, psychologiques et physiques (colère, fatigue, déprime…). 70% des personnes ayant déclaré avoir vécu une discrimination dans l’emploi pensent qu’il est probable ou certain qu’elles soient à nouveau victimes de discrimination.

Quelles mesures prendre ?
L’enquête du baromètre interroge les mesures de lutte contre les discriminations à prioriser. Les 3/4 des actif.ves interrogé.es considèrent les mesures suivantes comme efficaces :
– Instaurer des procédures de recrutement fondées sur des critères objectifs (ex : mise en situation)
– La possibilité pour un salarié / agent d’alerter de façon confidentielle sur des pratiques de discrimination dont il serait victime ou témoin

D’une manière générale, la mise en place de mesure de prévention et de lutte contre les discriminations est jugée efficace par les personnes interrogées.

Pour plus d’informations: la synthèse du rapport ou le rapport complet