La Confédération européenne des syndicats (CES) a publié en novembre une série de propositions relatives à une nouvelle « Stratégie européenne en faveur des personnes handicapées 2020-2030 ».

Ces propositions font écho à plusieurs constats :

En France, le taux de chômage des personnes handicapées s’élève à 18 % contre 9 % pour l’ensemble de la population.
À l’échelle européenne, la situation est tout aussi préoccupante : 48,1 % des personnes en situation de handicap ont un emploi (contre 73,9 % pour l’ensemble de la population). Les femmes et les jeunes souffrant d’un handicap présentent des taux d’emploi encore plus bas.

Le seuil de 6% d’embauche de travailleurs handicapés posé par la loi n’est pas suffisant pour la CES qui relève que l’emploi des travailleurs handicapés peine à décoller. D’autant plus en période de pandémie. Selon le président du Collectif Handicaps, les travailleurs handicapés sont « souvent plus âgés et peu formés » et « n’ont pas un profil type recherché par les entreprises en période de crise ».

Il faut rappeler qu’en 2019, le handicap restait le premier motif de saisine du Défenseur des droits en matière de discrimination, et qu’en France, la moitié des personnes handicapées ont un niveau de vie inférieur à 1 540 euros par mois, soit près de 200 euros de moins qu’une personne valide, tandis que le montant de l’AAH (allocation adulte handicapé) est fixé en 2020 à 902 euros, sous le seuil de pauvreté (1 063 euros par mois).

Pour sortir de cette situation, la CES avance une série de propositions, notamment des mesures d’incitation à l’embauche de personnes en situation de handicap en ayant recours aux fonds européens.

Les travailleurs handicapés suite à un accident du travail devraient, quant à eux, être soutenus pour retrouver un emploi adapté à leurs nouvelles compétences, sans perdre les conditions de travail dont ils jouissaient avant leur accident.

Pour mieux protéger les personnes handicapées travaillant en atelier protégé, la CES revendique la mise en place d’un statut juridique en matière de droit du travail équivalent à celui des personnes travaillant dans un environnement de travail ouvert. Cela inclurait aussi l’application des conventions collectives des secteurs économiques concernés.

Concernant la sécurité et la santé au travail, la CES exhorte la Commission européenne à renforcer l’obligation de prévoir des aménagements raisonnables du lieu de travail pour les travailleurs handicapés. Cela inclut l’utilisation d’outils et d’équipements numériques et électroniques ainsi que de logiciels et de matériel destinés à soutenir les travailleurs souffrant de handicap et à faciliter l’exécution de leur travail.

La CES propose aussi que la compatibilité entre revenus professionnels et allocations d’invalidité soit encouragée dans l’ensemble des États membres. Les allocations d’invalidité existent pour compenser les coûts de la vie supplémentaires qu’entrainent un handicap et ne devraient pas être perdues une fois qu’une personne handicapée commence à travailler :
Selon la CES « L’incompatibilité entre salaire et allocations est une forme de discrimination qui prive les personnes handicapées de leur droit d’améliorer leur situation financière par le travail et les expose à un risque accru de pauvreté ».